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mardi 17 octobre 2017

Ils sont en route !



Sur la carlingue des avions le logo de leur aéroclub et puis aussi, bien en vue, le logo du raid Des ailes pour une école


Rappel : quatre avions doivent partir d'Étampes et rallier Dapaong (Togo). Ils survolent la France, l'Espagne, le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso pour arriver enfin au Togo. 6284 km en tout ! Samedi 14 octobre trois des quatre avions doivent décoller et lundi 16, le quatrième avion, celui de Patrick, bimoteur et plus rapide, doit partir à son tour. Il est prévu qu'il les rejoigne à Dakar, Sénégal, et qu'ils terminent le voyage ensemble. 


Nos pilotes le matin du départ

Samedi, le jour du départ arrive. La veille, les pilotes ont fait les dernières vérifications : vols de contrôle, vérification des sondes de pression d'huile... Nos aviateurs sont prêts et impatients de partir. La météo est encourageante et même exceptionnelle pour cette période-là. Les mânes des ancêtres sont avec eux !


Cool relax avant de partir !

 Mais même les vols et expéditions les mieux organisées ne résistent pas aux coups du sort. Samedi soir, alors qu'ils ont traversé la France et sont en Espagne, une problème technique important empêche l'avion d'Alain de continuer. En effet il y un fort risque de panne et si cela arrive au dessus de l'Afrique... L'avion doit rester au sol.


Il est parti !

C'est la cata complète ! Que faire ? Faire tous demi-tour ? Abandonner cette expédition préparée depuis de longs mois ? Continuer à deux avions ? Le moral est très bas samedi soir chez nos pilotes solidaires. 
Après une nuit de repos la décision est prise dimanche matin à l'unanimité : ils continuent ! Car comment abandonner cette aventure passionnante ? Et surtout comment laisser tomber tous les donateurs qui leur ont fait confiance ?  Impossible ! Solidaires des togolais pour lesquels ils ont collecté, ils le sont aussi entre eux et l'équipage de l’avion d'Alain en panne volera avec Patrick. Alain  remonte à Paris et va prendre un avion de ligne pour se rendre à Ouagadougou où Kader, notre chauffeur Burkinabé, le descendra à Dapaong.

Capture d'écran lundi soir de la plateforme des données de géolocalisation

Grâce à des balises embarquées et à la géolocalisation nous pouvons les suivre pendant tout le voyage. Sur la carte vous voyez les quatre avions :
  • L'avion rose, qui est à hauteur de Valence, Espagne, est l'avion d'Alain, immobilisé. Alain est remonté à Paris.
  • L'avion bleu, est l'avion de Patrick qui est parti lundi matin d’Étampes avec Patrice B. Il est passé à Valence prendre Claude et Marc qui étaient partis avec Alain. Cela l'a un peu retardé mais hier soir, lundi il était à Jérez de la Frontrera près de Gibraltar.
  • L'avion jaune avec à bord Joël, Jean-Claude et Patrice D. Lundi soir, il est à Essaouira, Maroc. Au retour il a été décidé qu'Alain prendra la place de Joël qui remontera à Paris en avion de ligne. Chacun ainsi aura participé à l'expédition.
  • L'avion rouge avec à bord Serge et Karine. Lundi soir, il est avec l'avion jaune à Essaouira au Maroc.
L'avion jaune et et le rouge sont des avions de l'aéroclub d’Étampes. Ils sont plus légers et moins puissants et c'est pour cela que c'est l'avion bleu de Patrick qui a chargé Claude et Marc qui faisaient de l'avion-stop à Valence.

Les avions jaune et rouge ont pris une demi journée de retard à cause... de Mohamed VI, roi du Maroc, qui, avec sa venue, a bloqué l'aéroport. Difficile de lutter contre de tels impondérables. En principe ils doivent décoller mardi matin sauf si sa Majesté le roi change son programme !
Mardi soir, les quatre avions se retrouveront probablement au Sahara occidental à Ad Dakhla (c'est fou ce que votre servante fait des progrès en géographie avec ce raid ! Vous aussi ?!). Ils continueront ensemble. Mais n'imaginez pas nos avions en formation comme la patrouille de France 😄. Non, chaque avion vole en indépendant car les contrôleurs du ciel sont nerveux s'ils voient des avions trop près l'un de l'autre. Ils ne peuvent savoir qu'ils se connaissent et le risque de collision est toujours à craindre.


Pour l'anecdote, l'avion de Patrick s'appelle Barnaby. Vous le découvrirez sur Instagram  sur lequel coup de pousse publie depuis quelques semaines. Tapez coupdepousse et vous y êtes !





Suite de l’aventure très bientôt...



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dimanche 8 octobre 2017

Raid avion pour une école : J - 6 avant le départ !

Patrick, Marc, Alain, Claude, Patrice, Joël, Jean-Luc, Serge et Karine. Il manque sur la photo le 10e pilote, un autre Patrice.

On s'en doute, un raid avion de plus de 13000 km en survolant huit pays différents ne se gère pas comme un petit tour en Bretagne ou le baptême de l'air du neveu de son voisin. Il faut réviser son avion et faire mille et une opérations que dont je me garderai bien de parler, ne voulant pas risquer ma crédibilité dans un domaine dont j'ignore tout. Sachez juste qu'il faut être minutieux et rigoureux. L'un de nos pilotes a d'ailleurs choisi une solution radicale afin d'être certain que tout tournait rond : il a complètement démonté son moteur 😳😱. Espérons qu'il sera remonté à temps pour le le départ !


Un moteur en cours de remontage... Heu... moi, je ne vois pas ce qui manque !

 Le raid, les 3 risques principaux à gérer :

  • le risque météo : c'est un des premiers qui vient à l'esprit. Nous vous annonçons fièrement un départ pour samedi prochain mais la météo se gère au fil de l'eau et rien n'est absolument certain. Nous sommes à la fin de la saison de pluies africaine et avant notre l'hiver. Il faut donc se glisser entre les deux.
  • le risque politique et d'attentat. Il faut bien en parler mais nos pilotes sont des hommes prudents et raisonnables, en aucun cas des cacous et des têtes brulées ; ils ne prendront aucun risque ni pour eux ni pour les autres. Les zones à risque seront donc contournées. Ainsi le Togo qui était pourtant calme s'agite un peu mais Patrick est en communication tous les deux jours avec Lomé et il veille au grain.
  • le risque administratif lié à l'essence. Celle-ci est réservée aux escales mais même dans ce cas, un autre peut passer avant et la prendre. Gros problème quand même ! Ce point-là est spécialement géré par le routeur* qui essaie de positionner l'essence au moment du survol et non pas un mois à l'avance...tout en espérant qu'un gros bakchich ne vienne pas chambouler ses plans.
Et puis il faut prévoir aussi l'hébergement, les visas, les autorisations de survol...  pas mal de taf, donc avant l'envol de nos gracieux oiseaux porteurs de l'espoir des collégiens du Plateau.

*le routeur est le correspondant de Patrick, il gère principalement les autorisations de survol. Il est basé à Ouagadougou.

Une collecte qui a décollé comme une fusée

 


Un résultat fantastique... et ce n'est pas terminé !

Et pendant ce temps, là-bas...


Les quatre classes du collège ont des murs et des portes. En haute à gauche, le projet en saison 1

Les bâtiments montent, les intervenants travaillent d’arrache-pied. Nous attaquons la phase 2 de la construction du collège. Les quatre classes de l'embryon de collège que nous avions commencé au printemps ont maintenant des murs à claustras et des portes. Restent la peinture à faire et les tables-bancs qui sont en cours de fabrication (ci-dessous)

Tables-bancs en construction chez un menuisier local. Les montants sont en métal afin de pouvoir être ressoudés en cas de dégâts

Nos pilotes-collecteurs

La liste ci-dessous est une liste déroulante, vous retrouverez tous nos pilotes  : Alain, Claude, Jean-Luc, Joël, Karine, Marc, Patrice, Patrice, Patrick et  Serge. Faites un don sur leur page ou pour le projet si vous y êtes sensible.
Merci à eux et à vous pour votre générosité !


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mardi 26 septembre 2017

Des ailes pour une école !



La semaine dernière je vous parlais ce ceux qui courent pour « électriser » la Savane. Aujourd'hui je vous présente ceux qui vont voler et collecter des fonds pour finir de construire le collège.

Un collège pour les quatre villages

 Reprenons tout au début. Après les maternelles et les écoles primaires, un collège devenait une nécessité : les enfants sont trop loin du collège actuel et l'éloignement rend sa fréquentation dissuasive, surtout pour les jeunes filles. Mais la construction d’un collège coûte cher, bien trop cher pour envisager de le construire autrement que sur plusieurs années. Surtout que l'éducation n'est pas le seul domaine où nous intervenons et donc le seul poste budgétaire.


Et c'est là qu'intervient Tatiana, pousseuse de la première heure qui travaille chez Air France. Tatiana nous suggère de déposer un dossier auprès de leur fondation*. Dossier, entretien, espoir... espoir... Les semaines passent. Alors, nous attendons sans trop y croire mais en y croyant quand même. Vous avez remarqué comme le temps passe lentement lorsqu'on attend ?... Et le mail arrive enfin en juin : notre dossier est retenu ! 
Joie et euphorie chez coup de pousse car c'est une grosse dotation qui nous est octroyée : 25000€ soit presque les deux tiers du budget de la construction du collège. Bien sûr il faudra rendre des comptes, bien sûr il faudra être bien structuré et justifier nos dépenses mais cela ne nous fait pas peur car, grâce à Patrick, notre président (qui a la bosse des maths 😄) et Didier, notre responsable projet au Togo, nos dossiers sont toujours extrêmement bien documentés et d’une précision rigoureuse. 
C'est pourquoi, lors de cette nouvelle campagne de levée de fond, vous voyez leur logo sur nos documents. Mille mercis à la Fondation Air France !

* La Fondation Air France a pour vocation de soutenir les projets en faveur des enfants et des jeunes malades, en France et dans l’ensemble des pays où Air France est présente. Elle concentre son action dans 2 domaines : l’éducation et la formation, en partenariat avec des associations et Organisations Non Gouvernementales (ONG).


Passion lorsque tu nous tiens !

Ne quittons pas les terrains d'aviation. Un raid aérien solidaire s'y prépare en effet pour collecter une partie des fonds manquants encore. Vers la mi-octobre (cela dépend des fenêtres météo) quatre avions vont rallier Dapaong en partant d'Étampes en région parisienne. Mettant leur passion au service d'une bonne cause, les pilotes traverseront la France, l'Espagne, le Sahara occidental, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso pour arriver enfin au Togo. Quelle aventure ! Car s'en est une, ne vous méprenez pas. Mais une aventure préparée avec soin et méticuleusement par notre équipe de 10 pilotes-collecteurs (pour plus de détails sur le raid et le projet vous pouvez aussi cliquer ici).
Chaque pilote a fait sa page de collecte pour essayer de récolter une partie des 16000€ qui manquent au budget du projet. Vous pouvez les consulter ci dessous.
Ils en sont pour l'instant sont à 64% de l'objectif global. Encouragez-les dans ce magnifique et généreux challenge ! Allez-voir leur page, elles ont toutes différentes, reflets de personnalités diverses mais regroupées autour de tout de qui a des ailes 😄. La liste ci-dessous est une liste déroulante, regardez bien, ils y sont tous : Alain, Claude, Jean-Luc, Joël, Karine, Marc, Marc, Patrice, Patrice, Patrick et  Serge. Et bien sûr faites un don sur leur page ou pour le projet si vous y êtes sensible.
Merci à eux et à vous pour votre générosité !


Il y a encore beaucoup de choses à vous raconter sur ce raid alors rendez-vous dans quelques jours.
Dernière minute :  Caroline, Cécile, Florent et Olivier de Run4Togo (100km en équipe entre Lausanne et Genève) sont bien arrivés samedi (voir FB) . Florent a dû même courir deux étapes de relais car Cécile s'est blessée lors de l'entraînement. Bravo et merci  merci à nos quatre traileurs-collecteurs.

À bientôt !


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vendredi 15 septembre 2017

Ils courent, ils courent pour de la lumière



Un soir...

... où nous quittions plus tard que d'habitude les villages, nous découvrons la nuit, la vraie nuit, le noir profond, cette nuit qui vous enveloppe et qui tombe très vite dès 18h. Celle que nous ne connaissons plus dans nos pays occidentaux. Dans la savane, la seule lumière est alors celle de nos phares et çà et là et quelques feux de bois pour faire la cuisine. Nuit complète sur le plateau ! Un peu angoissant pour nous (le dernier lion a été vu dans les années 80 mais quand même !) et pourtant c'est le quotidien des togolais des villages où lorsque le soleil disparait, la vie et les activités doivent s'arrêter. 
La lumière ! Cela nous parait tellement naturel, pour nous, de tendre la main vers l’interrupteur et d’allumer dès que le jour baisse. N'est-ce pas un droit universel au même titre que l'électricité ? Car comment faire ses devoirs alors lorsqu'on rentre de l'école et qu'il fait nuit ? Et n'est ce pas absolument odieux de savoir qu'une femme ou son bébé va perdre la vie simplement parce qu’il fait nuit et que l'infirmier ou la matrone ne peut faire le geste qui sauve ?


et donc...

... nos sportifs l’ont bien compris et une fois de plus se sont mobilisés pour récolter des fonds qui serviront à installer des plaques solaires sur le collège du plateau et au centre de santé de Boré.

  Run4Togo : une équipe de quatre traileurs. Ils sont brillants, ils sont lumineux et nous éclairent avec leur énergie et leur générosité !  Caroline, Cécile, Florent et Olivier vont courir le 23 septembre prochain le LG Trail, Lausane-Genève 100km en relais et sur leur page de campagne, vous trouverez toutes les infos sur le projet.

Aidez les et soutenez-les en postant sur notre page FB et/ou en faisant un don sur leur page.



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vendredi 25 août 2017

Un peu d'oxygène pour des petits togolais...

Déballage du matériel et vérification

Plus de deux mois que nous n’avons donné de nouvelles ! Nous vous avons laissé un peu tranquille pendant l'été mais il est temps de publier quelques informations.

Vous savez que nous faisons entre trois et quatre voyages par an dans les villages mais nous ne vous ne vous racontons pas toujours les missions annexes que parfois nous accomplissons. 
Vous rappelez-vous du billet de novembre 2015 ? Non, n'est-ce pas ?! Nous vous parlions de Christain qui a participé à un de nos voyages. Christian est responsable du matériel technique d’un grand hôpital parisien. Ému par le manque de moyens de l'hôpital de Dapaong (notre ville-base), il s'était débrouillé et nous avait procuré des extracteurs d'oxygène remis à neuf. Ils allaient être mis au rebut car obsolètes pour nos hôpitaux occidentaux.

Remise officielle des extracteurs en présence du personnel médical de l’hôpital et de Didier, le nouveau président du RCD. À côté, Charles, membre du RCD et infirmier à l’hôpital.


Il a récidivé et comme la fois dernière, c'est une chaîne de fortes volontés individuelles (de Christian et des membres du Rotary Club de Dapaong) qui a mené trois autres extracteurs de Paris à Dapaong. Cela fait donc un total de huit extracteurs envoyés sur place et plusieurs dizaines de vies sauvées.

La semaine prochaine (hop, hop, hop ! On reprend le rythme 😏), je vous parle des actions de la rentrée et du magique et aventureux raid avion d'octobre.
À suivre !...



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dimanche 11 juin 2017

Lokpergou, une fête bien méritée


Inauguration de l'école primaire de Lokpergou : l'inspecteur du primaire, le chef de canton, le chef du village... (le préfet est déjà reparti). La pose est prise sous le drapeau togolais, symbole de du caractère officiel de l’établissement



La fête comme si vous y étiez !

 

L'école primaire de Lokpergou ainsi que la maternelle (dont la construction avait été retardée à cause de l'état de la route d'accès) ont été construites cet hiver et au printemps. Mille mercis à tous les donateurs de Belle-Île en trail, course support qui a permis de collecter les fonds nécessaires à la construction de cette école primaire. De même merci à Enfants du Monde UK qui a financé une partie de son équipement.


Le panneau fixé sur un pignon du bâtiment. Il précise qui a été le bailleur de fonds, précaution contre toute «récupération» politique de l'opération.

C'est la fête à Lokpergou ! Pas une petite fête, non, une grosse fête avec tout ce qui va avec : les discours, les officiels, la musique, les cadeaux, les danses, le tchapalo*...  Tous nos bâtiments scolaires sont construits avec l'accord de l'éducation nationale et selon ses directives. Les bâtiments n’appartiennent plus alors au village en principe, mais à l'état. Aujourd'hui, nous les leur remettons officiellement. En pratique c'est bien évidemment le village qui entretient les locaux. Le Rotary Club de Dapaong a donc invité le ban et l’arrière-ban de tout ce qui compte dans la Région des Savanes : préfet (qui nous soutient beaucoup), inspecteur du primaire (idem), chef lieu de canton et bien sur le chef de village, le CVD (chef du comité villageois de développement). 
La fête a été soigneusement préparée avec un programme précis des interventions, des intermèdes et même une sono ! Fort opportunément celle-ci tombera en panne : le micro cacochyme et braillard sera remplacé par un mégaphone, ouf ! La télévision togolaise  a été informée et est présente, une bonne opération de communication pour nous. Nous sommes reçus comme des rois.


Le charlatan se prépare au rite sous l’œil attentif de la population et du préfet (à droite en costume)

Le charlatan (le sorcier) verse tout d'abord de l'eau devant l'école pour les ancêtres en récitant des paroles inintelligibles pour nous. Acteurs involontaires et victimes sacrifiées pour la bonne cause, le poulet et la colombe attendent à côté. Ils n'ont aucune chance de s'en sortir. La scène est assez gore pour nous autres petits européens au cœur sensible. Le poulet sans tête court longtemps. Tout le monde est content : c'est un bon signe pour l'école. Nous ne savons pas qui le récupère mais il est sûr qu'il ne sera pas perdu pour tout le monde. Quant à la tourterelle ou colombe, symbole universel  de paix, elle est sacrifiée de la même façon.


Danses traditionnelles

Autour de la taille, des ceintures de coquillages qui servaient de monnaie d'échange aux anciens. Au pied, les tennis collectées par les groupes de running parisiens. Afrique, terre de contraste !

 

Les discours

 

Puis les discours s'enchaînent. Le préfet insiste sur le fait qu'il faut utiliser l'école. Il félicite le village de Lokpergou d'avoir bien géré l’opération maïs et remboursé presque (98%) tout le maïs qu'il devait. Personne n’est obligé de suivre coup de pousse, dit-il, mais ceux qui le font doivent tenir leurs engagements sinon c'est du vol. Il cite nommément le village de Nagou qui encore une fois cette année a été un très mauvais payeur.


Patrick parle brièvement

L'inspecteur de l'éducation nationale met davantage l'accent sur le fait que les enfants sont maintenant dans un environnement sûr, à l'abri des scorpions et des serpents. Il suffit de regarder l’ancienne école (une ruine) pour être convaincu. Il n'y a plus d'excuse aux parents pour ne pas envoyer leurs enfants  à l'école. Il rappelle à l’assistance que l'école est obligatoire jusqu'à 14 ans et que donc, désormais on ne devra plus voir un enfant de moins de 14 ans aux champs ou à la maison pendant le temps scolaire. Dans la voiture du retour, l’inspecteur avec qui nous avons développé une relation de confiance, avouera son incrédulité devant le travail accompli et son émerveillement devant les résultats.
Patrick, quant à lui, sera bref et insistera sur le fait que tous les villageois se sont unis pour obtenir ce beau résultat et faire la route. Tous ensemble, tout est possible !


Les traditions sont respectées, on coupe le ruban en bonne et due forme !


Nous essayons avec le préfet les tables-blanc

L'école est livrée « clef en mains » équipée et meublée. Didier, notre chef de projet, a choisi des tables-bancs à structure en métal afin de pouvoir réparer et ressouder les montants s'ils sont endommagés. Comme à l’accoutumé ce sont des artisans de Dapaong, notre ville base, qui ont fabriqué ces meubles. Cela donne du travail ainsi à quelques artisans localement.


Pose avec la jolie assistance maternelle. Le pagne et le foulard ont été offerts par le village. Patrick a reçu une tunique traditionnelle (pas de photo, votre servante a oublié).

Les cadeaux 

Il faut savoir aussi bien recevoir que donner mais nous sommes toujours embarrassés lorsqu'on nous offre des cadeaux qui représentent des sommes importantes pour les villageois. Que faire après de ces jolis pagnes et tuniques que nous ne remettrons jamais ? Que faire avec le bouc qu'on nous a apporté ?
Un repas nous est servi dans la maternelle, pâte (maïs) avec sauce au herbes. Nous faisons semblant de manger, impossible en effet de vraiment partager un repas avec les villageois. Nos organismes délicats de « yovos » ne supporteraient pas. Mais nous sommes confiants : rien ne sera perdu.

Et la TV filme tout... en espérant qu'il restera quelque chose au montage !


La jolie maternelle de Lokpergou accueille 43 enfants. Tout autour, le reboisement en cours. Le pierres protègent les jeunes arbres de la voracité du bétail. Dans le fond, le versant de la colline a été sarclé et planté par les élèves.


Les plants sont protégés deux ans jusqu'à ce qu'ils soient assez grands. Il faut les planter à un moment précis de la saison sous peine de voir tous ses efforts ruinés pas la sécheresse.
Voilà, la journée était épuisante, autant par la chaleur que par la sono qui a marché à fond pendant les discussions avec les acteurs du village, mais ce fut une belle journée pleine de promesses. Le village de Lokpergou, avec à sa tête, un chef dynamique et volontaire, a de l'avenir. Nous, nous y croyons !


tchapalo* : boisson fermentée a base de sorgo (variété de mil). Bière locale, elle est de toutes les fêtes.



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lundi 15 mai 2017

Les villageois, acteurs de leur développement


Au début, il n'y avait plus de route...


La « carrière » : le flanc de la colline voisine


Les femmes et enfants...


... transportent les pierres sur la tête...


... pour les apporter aux hommes qui travaillent sur l'ouvrage


Ajustement et taille des pierres

Les pluies violentes avaient emporté la partie de la route qui n'avait pas été stabilisée l’année dernière (rappel : pas de route = pas d'accès et pas d'accès au village = adieu les constructions). Tout le monde s'y est donc mis. Avec l'aide d'un technicien du génie civil togolais, les villageois ont travaillé pour assurer la solidité de l'ouvrage. Les secteurs susceptibles d’être emportés ont été protégés par des « fondations » en pierre, un travail de fourmi, épuisant mais indispensable dans une région d'accès difficile où l'on peut oublier les étapes traditionnelles de réalisation d'une route (excavation, compactage, nivellement, asphalte).
Grâce à cela, l'école maternelle et l'école primaire ont pu être construites et terminées cet hiver à Lokpergou.


et nous avions un centre de santé sans latrines ni douche...



Lokpergou : derrière le chantier, on aperçoit le centre de santé 


Le trou est fait exclusivement manuellement sans aucune aide mécanique


Les pelles et pioches sont fournies par coup de pousse, la main d’œuvre par les villages


Le centre de santé a maintenant des latrines...

Pas glamour mais indispensables, ces latrines ! En fait lorsque nous avons construit le centre de santé de Boré, nous ne savions pas qu'un infirmier serait nommé si rapidement et qu'il se transformerait si vite en un centre utilisé quotidiennement. Or grâce à l'appui des autorités locales, un infirmier a été nommé  et le centre a rapidement été très fréquenté rendant impératif des latrines et une douche. Ni les unes ni l'autre n'avaient été prévues et budgétées.  Nous avons donc ajouté une ligne budgétaire (le trésorier a grincé des dents !) et les villageois ont repris les pelles et pioches et ils ont creusé. Notre centre est à ce jour maintenant réglementaire et pourra donc se transformer à moyen terme en une USP (unité de soins périphérique, soit un dispensaire) déservant le Plateau. 


  Lokpergou avait besoin d'un puits maraîcher

 

Le trou est creusé*, il s'agit maintenant de consolider


Le trou est doublé en pierres cimentées par endroit


Une margelle est ajoutée


Jardin communautaire de Lokpergou arrosé grâce au puits maraicher

 Un puits maraîcher est un puits qui profite des infiltrations du sol pour capter l'eau afin de la stoker le plus longtemps possible. On gagne ainsi quelques semaines d'arrosage à la saison sèche. Il est situé près du lit d'une rivière en aval. Nagou étant placé sur les hauteurs avec un sous-sol rocheux n'en a pas mais Lokpergou est idéalement situé pour cela. Le puits maraîcher sert à l’arrosage des cultures de jardin communautaire généralement (légumes... vendus sur les marché) mais jamais aux cultures des champs.


Actuellement, la petite saison des pluie a commencé et d'après les dernières nouvelles que nous recevons, elle est plus importante que d'habitude, coupe les routes, menace la retenue d'eau construite l'année dernière et de faire déborder le puits maraîcher. Nous, les yovos**, sommes toujours alarmés lorsque nous recevons des nouvelles semblables mais Didier, notre chef de chantier, est solide comme un roc. Il fait face avec beaucoup de détermination et de courage et a les nerfs beaucoup plus solides que les nôtres !


À suivre...

* construire un puits demande une certaine technique. Il ne s'agit pas juste de faire un trou. Si le sujet vous intéresse, cliquez ici
**surnom familier donnés aux blancs

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vendredi 24 mars 2017

Un ancien analphabète qui crée son entreprise !


Cahier d'un « élève »

Il existe un rapport étroit entre le taux d’analphabétisme et la pauvreté : la région des Savanes est la région la plus pauvre du Togo (90,8% en dessous du seuil de la pauvreté) et son taux analphabétisme est le plus élevé du pays (67,2% pour une moyenne nationale de 43,3 %, des jeunes et des adultes de 15 à 44 ans et deux tiers sont des femmes)*. 
Pas besoin de chercher plus loin pour trouver l'un des vecteurs de développement des villageois. CQFD ! C'est donc pour cela que très vite nous avons mis en route des cours d'alphabétisation. Michael, le Peace Corps** qui vit à Nagou, les a organisés et un professeur formé à cet enseignement vient spécialement dans les villages : une quarantaine de cours ayant lieu deux fois par semaine.

Notre futur entrepreneur l'année dernière lors d'une réunion, dans l'ancienne école primaire

 Les élèves sont quasiment tous des femmes (nous ne voulions pas qu'elles craignent d’être moquées et  soient intimidées par la présence des hommes) mais nous avions remarqué cet homme grand et mince (minces, ils le sont tous à vrai dire !) qui écoutait avec attention pendant nos réunions (cf ce billet de novembre 2016).
Et nous l'avons revu. Renseignements pris, il s'appelle Lambon Laari et habite Lockpergou.


Le mois dernier, lors d'une autre réunion dans son village, à Lokpergou, le seul à prendre des notes.

En février dernier, lors de notre dernier voyage, il fut l'un des rayons de soleil de notre séjour, il a été ce petit quelque chose qui vous fait dire que, finalement, vous allez peut-être réussir votre pari et amener un jour, pas demain certes, mais un jour prochain, ces villages à l’autonomie.
Notre homme a fait une formation de pépiniériste et a développé son activité en aidant les femmes de Lokpergou à créer des jardins communautaires (cf ce précédent billet). Ce fut absolument formidable de voir cet homme assez effacé, grandir tout à coup et faire profiter les femmes de son village de ce nouveau savoir. On sentait vraiment qu'il avait eu tout d'un coup accès à un monde nouveau et à la Connaissance. Et si un villageois l'a fait, pourquoi pas les autres, n'est-ce pas ? Tout devient possible.

Beaucoup, beaucoup d'huile de coude, un peu de savoir et ça pousse !

 Nous retrouverons surement notre entrepreneur plus tard. Bon courage à lui !
Mais il faut aussi que je vous parle des villageois-terrassiers : une route, une école... menés par leur chef de village et les responsables des CVD*** et avec l'aide de Joël, notre agent de développement, rien ne leur fait peur. Et tout le monde s'y met, hommes, femmes, enfants. Mais c'est une autre histoire que je vous raconterai dans le prochain billet...
À bientôt !

*sources : enquête de 2011 publiée par le site de la République du Togo
** Peace Corps : organisme gouvernemental international américain
*** Comité de Développement Villageois




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mardi 28 février 2017

Première naissance au centre de santé !


Arzouma

Arzouma et sa maman font la queue pour la visite médicale devant le centre de santé

Juste avant notre arrivée, le premier bébé est né au nouveau centre de santé du plateau. Selon l'expression consacrée, la mère et l'enfant se portent bien ! Le bébé est une petite fille et elle s'appelle Arzouma. Cela qui veut dire, en Moba, dialecte local, née un vendredi. Pour nous la nouvelle a été très émouvante car le centre n'est fonctionnel que depuis quelques mois et sa fréquentation va croissante.

Campagne de vaccinations au centre de santé à Boré

 Fin 2016, nous avons reçu l'appui du préfet de la région. Il a fait nommer un infirmier expérimenté à demeure pour gérer les consultations. Un énorme « coup de pousse » pour nous qui nous a permis de passer à la vitesse supérieure. Auparavant, l'infirmier et la matrone (sage-femme) montaient sur le plateau seulement deux fois par mois. Les statistiques récentes de fréquentation du centre montrent que le besoin est bien là. Il reste encore à embaucher une matrone affectée spécifiquement. Le préfet, qui suit attentivement ce dossier, nous a assuré lors de notre visite de la semaine dernière, que cela ne saurait tarder.


Future « concession » de l'infirmier

Les villageois de Boré, où se trouve le centre, se sont pris en main et de leur propre initiative, ont construit une maison pour l'infirmier. ils ont visiblement envie qu'il se sente bien chez eux ! Ce fut la (bonne) surprise en arrivant. Il va donc pouvoir faire venir son épouse, qui habite dans un village voisin. Auparavant lui-même dormait « chez l'habitant ».


la construction est en banco, des briques de terres séchées.

Formidable dynamisme qui se met donc en route grâce à des petits coup de pousse çà et là. Tout n'est pas parfait bien sûr mais le train est en marche.


Notre président a toujours beaucoup de succès auprès des femmes !

Nous sommes quelques fois d'ailleurs dépassés par la vitesse des évènements. Ainsi, nous ne pensions pas avoir un infirmier à demeure si tôt, avant d'avoir fait la preuve par la fréquentation que cela se justifiait. D'une utilisation bi-mensuelle, le centre passe à une ouverture journalière. C''est tant mieux pour la population. Mais par contre, lors de sa construction, nous pensions avoir deux ou trois ans pour l'agrandir et l'équiper complètement. Nous devons ajouter une douche et des latrines, indispensables à ce stade,  et il manque aussi un lit d'accouchement (toutes les femmes qui me lisent seront sensibles au sujet)...


Préfecture de Tandjouaré, dont dépendent les villages

Mais ce sont des lignes budgétaires qui s'ajoutent les unes aux autres dans un budget déjà serré en 2017 ( le gros poste est bien sûr le début de construction du collège). On ne peut pour l'instant faire les deux : latrines/douche et acheter le lit. Les choix sont difficiles à faire néanmoins, lorsqu'on voit le courage et le travail que font les femmes là-bas, cela fend le cœur de reporter à 2018 l'achat de ce matériel spécifique. Leur donner un peu de confort et de sécurité lors de ce moment particulier qu'est l'accouchement ne me parait pas un luxe superflu. Ne voulant dépouiller Paul pour habiller Jean, nous repartons donc en campagne pour trouver des fonds supplémentaires (pour être tout à fait honnête, en réalité, nous sommes toujours en campagne 😊).

Un dernier regard...

On peut toujours faire mieux, n'est-ce-pas ? En attendant, quel bonheur de voir au centre de santé ces files de mères et d'enfants qui n'ont plus à faire des kilomètres pour avoir accès à des soins de base !

Merci à vous tous pour eux et on continue de plus belle !



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